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Simplicité, détermination et courage.Il y a des gens que l’on côtoie dans la vie et dont apprécie la présence sans se poser de questions. Des gens qu’on apprend à aimer sans conditions, des gens avec qui l’on échange un sourire complice et dont le lien comporte une certaine magie. Vient un jour où l’on a le goût de les connaître davantage. J’ai croisé Paul au BRAS il ya quelques années, nous avons échangé quelques sourires et quelques paroles et j’ai appris dès lors à l’apprécier. Khalil Gibran écrit dans son Le Prophète «En amitié toutes pensées, tous désirs, toutes attentes naissent sans paroles et se partagent dans une joie muette.» Paul a été le récipiendaire du Prix Lemieux-Tremblay en 2002 (1ère édition), ce prix est remis à un bénévole pour sa grande implication au sein du BRAS. Pour moi il n’y avait aucun doute que ce prix était bien mérité, mais au même moment j’ai réalisé que je connaissais très peu cette personne qui m’accueillait si chaleureusement lorsque je franchissais la porte du BRAS. J’ai passé quelques heures avec lui et il a bien accepté de me livrer des passages de sa vie et m’a aussi donné la permission de partager avec vous certaines de ses confidences. Paul est atteint depuis 1993, il a fait cette découverte lorsqu’un zona s’est décléaré. Lorsque le médecin lui a demandé s’il était atteint du VIH, il a répondu oui avec une certaine certitude sans même avoir subit de test de dépistage. Il fût hospitalisé au Pavillon Jeanne Mance de l’Hôtel Dieu de Montréal. Le 4ième étage était réservé aux PVVIH à ce moment là, beaucoup de gens voyait ceci comme un ghetto, pourtant Paul, selon ce que j’ai cru comprendre avait dès lors décidé d’accepter sa nouvelle situation car il ne ressentait pas le même feeeling que les autres, il appréciait être en compagnie de ces personnes car il apprenait à connaître et à composer avec la maladie. Il a été bénévole à CPVIH, il se rappelle d’une question qui revenait souvent dans le grand salon, les gens se demandaient s’ils allaient voir l’an 2000. Paul a une sœur Nicole qu’il aime beaucoup. Il est revenu de Montréal et est allé demeurer chez elle, toutefois il ne voulait pas devenir un fardeau pour elle. Il a donc décidé de tenter une place dans une maison d’hébergement de la région, il a fait une demande à Bruce House. Les responsables lui ont donné quatre rendez-vous mais ces derniers ne se sont pas présentés. Il se rend au BRAS pour en parler avec Jocelyne. Jocelyne directrice générale de l’organisme partage avec lui l’idée d’un projet d’une maison d’hébergement. Paul se joint aux membres du BRAS pour présenter le projet à la Régie régionale. Le BRAS reçoit le mandat d’implanter un premier centre d’hébergement pour les personnes atteintes du sida dans la région. Paul a su dépasser ses angoisses pour en parler au nom des PVVIH. Il a dépassé les préjugés qui existaient et qui existent encore face au VIH-sida et s’est prêté comme porte-parole. La Maison du BRAS ouvre ses portes en 1997. À ce moment Paul décide de retourner vivre à Montréal car il a besoin d’un changement de médicaments, il retourne voir Dr Émil Toma en qui il a confiance, ce qui pour lui est un facteur essentiel. Il revient dans la région et habitera à la Maison du BRAS en attente d’un appartement. Il se réjouit d’habiter dans un des appartements d’Oeuvres Isidore Ostiguy et tient à remercier le BRAS. Il est content d’avoir enfin trouvé un endroit qu’il aime et qu’il peut appeler son chez-lui. Il s’implique comme bénévole au BRAS et aux Oeuvres. Il a trouvé un médecin dans la région, le docteur Don Kilby et se dit très fier de l’avoir connu même si au début il trouvait difficile les exigences que représentait l’observance de la prise de médicaments. Il constate aujourd’hui les bénéfices, car son système immunitaire s’est grandement amélioré. Selon lui il faut s’entourer de personnes positives, exprimer son opinion et revendiquer ses droits. La Renaissance lui a permis de lui ouvrir les yeux sur les belles personnes qui l’entourent. Il croit que nous pouvons donner un bon nom au sida en s’impliquant dans la communauté. Pour ceux et celles qui connaissent Paul, nous avons tous remarqué qu’il a décidé de changer le gris du ciel en bleu. Paul, je suis content que nos chemins se soient croisés, ta simplicité, ta détermination, ton courage m’inspirent. Léo-Paul |
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